Un mythe sauvé des eaux (suite)

 

La belle endormie se dévoile

 

Une fois mise au sec, cette Bugatti dévoila quelques pans de son histoire…

Le 11 avril 1925, le châssis n° 2461 fut immatriculé à Nancy sous le n° 8843 N5. Une plaque de cuivre découverte sur la voiture porte le nom de Georges Nielly, demeurant à Paris. La plaque d'immatriculation rongée par les eaux et le temps ne révèle que les derniers caractères : « RE 1 », un numéro émis à Paris entre mai et juin 1930. On imagine donc que Georges Nielly a acheté la Bugatti début 1930 à Nancy avant de l'immatriculer à Paris.

Au sortir de l’eau et après l’établissement d’un descriptif fourni par la maison Bonhams, voici quelques éléments supplémentaires que nous vous livrons tel quel :

 

« La plaque de châssis est manquante comme l'écusson émaillé du radiateur. À l'exception de ces éléments, tous les numéros spécifiques figurent à leur place habituelle. Le numéro du châssis «2461» est sur le bossage arrondi situé sur le support moteur avant droit (du côté du collecteur d'échappement et du boîtier de direction), tandis que le numéro du moteur, « 879 », est visible sur le petit bossage situé sur le dessus et au milieu de la boîte à cames ainsi que sur la face avant du carter inférieur à proximité de la pompe à eau. La boîte de vitesses porte le numéro « 964 » frappé à l'arrière comme à sa place habituelle sur le couvercle. Le pont arrière n'a pas de numéro, ce qui est normal pour une Bugatti Brescia, mais le rapport « 12 x 45 » est frappé sur le carter central. Le radiateur a été fabriqué par Chausson comme le précise une plaquette juste au-dessus de la manivelle tandis que les deux supports des ressorts arrière comportent encore les petites plaques en laiton mentionnant « EB, Bugatti, Molsheim (Alsace) ». Contrairement aux spécifications d'usine, qui précisent un carburateur Solex, le carburateur qui équipe le moteur est un Zénith en bronze, correct sur ce type de Bugatti. Les deux magnétos (double allumage) de marque SEV sont installées au milieu de la planche de bord comme il est normal sur ce type de voiture. Certaines indications font penser que la carrosserie a été modifiée ou remplacée, la première ayant probablement été une simple caisse de course sans installation électrique, ni ailes. Les jupes sous le capot sont en deux parties, alors qu'elles devraient être en une seule pièce, tandis que les ailes sont légèrement élargies à l'arrière selon une forme inhabituelle en 1925. Ces éléments indiquent probablement qu'une carrosserie modifiée ou nouvelle a été installée à la fin des années 1920. » (Source : www.bonhams.com)

 

 

Mais pourquoi au fond d’un lac ?


Personne n’a établi avec certitude qui était le dernier propriétaire de cette Bugatti. Une hypothèse propose qu’un certain Marco Schmuklerski, architecte né à Zurich et qui résidât à Ascona de juillet 1933 à août 1936 ait acheté la Bugatti à Georges Nielly. Il l'aurait ramenée en Suisse sans jamais s’acquitter des droits de douane. A son départ d’Ascona, il aurait laissé le véhicule dans la cour d’une entreprise locale. Mais les douaniers, en fins limiers, connaissaient l’existence de la Bugatti et continuaient à exiger les droits impayés. L’histoire raconte qu’à cette date, ces droits dépassaient la valeur du véhicule. Or, le non-paiement des droits induisait que la voiture devait être détruite et le moyen le plus simple aurait été de l'immerger dans le lac voisin… Elle devait y rester endormie jusqu'au 18 août 1967 lorsqu'un plongeur la découvrit couchée sur le côté gauche et partiellement enfouie dans la vase. Mais sa longue immersion s'est traduite par une détérioration quasi générale.

 

Le véhicule a été mis aux enchères par Bonhams et acquise par Peter Mullin en janvier 2010 pour la somme de 260 500 €.

 

www.damianotamagni.ch

www.bonhams.com

 

 

Le photographe du mythe

 

S’il existe d’autres photos de la désormais fameuse Bugatti Brescia, en voici deux pour le moins spectaculaires (voir plus bas) que l’on doit à William Crozes, photographe professionnel et membre de notre association.

 

En 2010, Matthieu Lamoure, directeur d'Artcurial Motorcars lui donne l’opportunité de pouvoir photographier la mythique Bugatti Brescia lors du salon Rétromobile.

 

De cette série de photographies, sont extraits les 2 tirages qu’il a mis à la vente et dont voici les descriptifs :

 

  • Profil Bugatti Brescia Type 22 Roadster

       Tirage couleur certifié digraphie sur papier Traditional Photo paper (laboratoire Blin + Blin) contrecollé sur aluminium encadré en          caisse américaine

       110 x 170 cm. (47 ¼ x 67 in.)

       Numéroté 1/8 et signé au dos

 

  • Compteurs Bugatti Brescia Type 22 Roadster

       Tirage couleur certifié digraphie sur papier Traditional Photo paper (laboratoire Blin + Blin) contrecollé sur aluminium encadré en          caisse américaine

       110 x 170 cm. (47 ¼ x 67 in.)

       Numéroté 1/8 et signé au dos

 

C’est l’occasion d’une petite présentation de ce passionné…

 

Né en 1975 à Versailles, près de Paris, William Crozes se prend de passion pour la photographie dès l'âge de 14 ans. Cette passion va décider de sa vie, et d'abord de ses études. C'est à 22 ans, en 1997, qu'il sort diplômé de l'école des Gobelins à Paris.

 

Son talent s’affirme dans le cadre de travaux « corporate », pour des groupes industriels tels que Bouygues, Fives Group, General Electric Healthcare, Siemens, Ag2R La Mondiale ou encore Veolia. Et lorsqu'il ne travaille pas pour l'annonceur, ce sont les plus grandes agences de communication et de publicité qui font appel à lui : Publicis, Fred et Farid, Euro RSCG, TBWA, Lowe Strateus…

 

Passionné d'automobile et de moto, il assure des prises de vues d'exception sous toutes les formes : sur circuit, en extérieur comme en studio. Connaissant sa maîtrise dans ce domaine,  grand nombre de constructeurs automobiles font appel à lui. C’est par exemple le cas de Peugeot pour l’édition du livre anniversaire de ses 200 ans.

 

Si vous souhaitez des renseignements complémentaires : www.crozes.com ou contact@desvoituresetdeshommes.org